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mardi 28 juin 2011

Filles de joie

La Coupe du Monde féminine s'est ouverte cette semaine en Allemagne et le début de la compétition est très suivi par les Français. Avec Lyon qui s'est adjugé la Champion's au début du mois, les media s'intéressent de plus en plus au destin des Bleuettes. Emissions, articles, campagnes de promotion, le foot féminin a la cote. Par défaut.

Faisons un sondage. Qui a déjà regardé un match de football féminin? Volontairement hein, pas le genre de truc fortuit où, revenant éméché d'une soirée à 3heures du mat', on zappe machinalement sur Eurosport pour comater tranquille. Inutile de mentir, le foot féminin n'intéresse guère de monde en France, à part peut-être Direct 8 à condition que les Bleuettes atteignent les demis. On veut bien être gentil, mais faut être rentable tout de même!

L'intérêt suscité par ce Mondial est factice car il survient un an après le marasme de Knysna qui a profondément humilié les Français. Action, réaction: back to basics et démago à gogo. Evidemment, les valeurs du sport amateur sont glorifiées, une vieille antienne hexagonale, comme s'il suffisait d'être pauvre pour être honnête (Balavoine toujours parmi nous!). Oh! Regardez ces belles demoiselles qui jouent pour le plaisir, qui ne courent pas derrière l'argent (aaah! que c'est sale le pognon!) et qui chantent la Marseillaise avec entrain! Et au bal des hypocrites, la presse et le Ministère des Sports sont rarement à l'orchestre.

En réalité, si le football féminin espère que cette couverture médiatique inédite lui permettra de gagner en pratiquantes, cela pourrait se retourner contre lui. En effet, une fois l'effet de surprise expiré et que l'Euro 2012 se rapprochera à grandes enjambées, il y a fort à penser que les Necib, Abily and co. retourneront dans l'anonymat, que les stades resteront vides et que les clubs resteront artisanaux. La jurisprudence Marinette Pichon, 3 reportages dans Stade 2, en atteste.

Enfin, faisons un peu de prospective. Imaginons que les Bleuettes remportent la Coupe du Monde et elles en sont largement capables en cette période faste. Y aura-t-il une deuxième étoile sur le maillot de toutes les Equipes de France de football? En effet, toutes les équipes françaises portent la fameuse étoile gagnée un soir de juillet 98. La raison est que c'est la Fédération Française de Football qui a remporté la compétition. Par conséquent, si Soubeyrand soulève le trophée, la logique voudrait que toutes les EdF portent 2 étoiles. La bonne blague!

La médiatisation des filles de Bruno Bini est à double tranchant et la mise sur le devant de la scène de joueuses dont on n'attend avant tout qu'elles soient bien roulées démontre que le traitement du Mondial féminin est un vaste fumisterie destinée à rappeler les 'vraies' valeurs bafouées en Af Sud. Peu importe de savoir qui sont les joueuses, leur quotidien, leur niveau balle au pied. Le principal dans cette histoire est d'être démagogique pour pas cher, de se donner bonne conscience et de se rincer l'oeil si possible. En juillet, la saison recommencera et tout redeviendra comme avant. Comme d'habitude.

Francesco della Nuejouls

lundi 27 juin 2011

Slumdog Millonarios

Quinze ans jour pour jour après avoir remporté la Copa Libertadores, River Plate a connu hier soir la plus grande catastrophe de son Histoire vieille de 110 ans en ne parvenant pas à sauver sa peau en Primera argentine. Vaincu mercredi dernier lors du barrage aller, les Millonarios n'ont pas réussi à battre Belgrano de Cordoba dans son antre du Monumental (1-1).

Contrairement à mercredi, River attaque pied au plancher. Pas le choix en même temps, il faut remonter 2 buts minimum et surtout ne pas en encaisser un. Mais sur le premier coup franc dangereux, Belgrano marque mais l'arbitre siffle un hors-jeu salvateur (4'). Soixante secondes plus tard, Pavone ouvre le score d'une frappe imparable au ras du poteau (5'). Explosion dans le stade. Le cauchemar semble prendre fin.
Néanmoins, si River joue mieux qu'à l'aller (en même temps, difficile de faire pire), le deuxième but n'arrive pas, la faute à un arrêt Spider-Man de Juan Carlos Olave à la 22ème minute sur une frappe à bout portant de Pavone.
Même si le retard n'est pas comblé et qu'elle a du mal à jouer au sol, la Banda Roja est tout proche d'un come back.

Comment survivre aux matches couperet avec une défense mauvaise comme un jambon? Carrizzo avait déjà montré tout son talent de prestidigitateur contre Boca et Lanus lors des dernières journées de la Clausura. Dès la retour des vestiaires, une mésentente failli coûter l'égalisation mais El Picante Pereyra salopa (pas d'autre mot) l'offrande, tentant un lob plutôt que de jouer le coup à deux face à Carrizzo. Un signe?

Pas vraiment. Peu après l'heure de jeu, une cagade du duo Diaz/Ferrero profita à Guille Farre qui n'eut plus qu'à battre un Carrizzo pris au dépourvu (62'). L'incrédulité gagne les hinchas millonarios. Marquer 3 fois en une demi-heure relève plus du rêve que de la réalité. Mais 5 minutes plus tard, le Monumental repris espoir quand l'arbitre siffla un penalty qui compensa celui qu'il oublia à la 26ème minute pour une faute sur Caruso.
Vous connaissez l'adage pneumatique: sans maîtrise, la puissance n'est rien. El Tanque Pavone mit la puissance mais omit d'y ajouter la précision. Parti du bon côté, Olave, ancien de...River, n'eut aucun mal à bloquer la frappe. Alea acta est.

Malgré les entrées successives de Villalba et Bordagaray (ceux qui ont compris pourquoi JJ Lopez s'est passé de Funes Mori et Buonanotte lèvent le doigt!), les Millonarios ne furent jamais en position d'espérer un retour miraculeux. Incapable de venir à bout de la Celeste emmené par Franco Vazquez qui tripote pas trop mal la chique bien qu'il en abuse parfois, la Banda Roja ne peut s'en vouloir qu'à elle-même. Dépités, la hinchada pleure, balance des projectiles et force l'arbitre à arrêter le match à la 89ème minute. Les joueurs attendents 20 minutes pour rentrer aux vestiaires. Le quartier de San Nunez devient le théâtre d'affrontement avec la bleusaille. Banal en somme.

L'inéluctable s'est donc produit. Malgré ses 33 titres nationaux et ses 2 Libertadores, River Plate a coulé face à un adversaire beaucoup plus soudé à défaut d'être des manieurs de ballon hors pair. Néanmoins, cette descente peut se révéler bienfaitrice pour les Millonarios car elle remettra la formation au centre de la politique sportive du club, eux qui ont formé des joueurs fabuleux (elle est pour toi celle-là Philippe!). Enfin, si les Boquenses savourent la descente de l'ennemi, il ne faut pas oublier qu'avec ce système de descente très particulier, Boca n'est pas à l'abri d'une telle mésaventure la saison prochaine.


Bonus track, parce que River Plate est avant tout un grand club (mais pas autant que Boca, faut pas déconner, hein Philippe!) : http://www.youtube.com/watch?v=zYtVIuuEQEI

Cesc Romero

vendredi 24 juin 2011

Flamengo n'y arrive pas

Pour tout savoir de la Jornada 5 du championnat brésilien, une seule solution: la Garrincha Académie de Choa d'Arelate!


Francesco della Nuejouls

jeudi 23 juin 2011

Santos, 48 ans plus tard

Le Stade Pacaembu était en feu hier soir. 48 ans après le doublé de la génération d'O Rei Pelé (1962-1963), Santos a remporté la Copa Libertadores 2011, la troisième de son Histoire. Dans une finale vintage, la même qu'en 1962, le Peixe a gagné sans trembler face à Penarol (2-1). Après avoir obtenu un match nul encourageant (0-0) à l'aller au Centenario de Montevideo, la génération dorée de Santos n'a pas manqué l'occasion de rejoindre au palmarès sa glorieuse aînée.

A peine le coup de sifflet final donné, Pelé et Neymar entament un tour d'honneur. L'émotion est palpable sur le visage du Roi. Il a enfin trouvé ses successeurs. La dernière finale continentale du Peixe datait de 2003 et la génération Robinho-Diego avait été défaits par les Xeneizes de Boca Juniors. Face à un surprenant Penarol, la victoire des Neymar and co. n'a pas fait l'ombre d'un doute et de souffre d'aucune contestation tant ils ont dominé les débats.

Blessé depuis un mois pour une blessure à la cuisse, Ganso revient au moment idoine pour ambiancer le dance-floor. Si Neymar occupe le devant de la scène, ne vous y trompez pas: le futur grand, c'est bien lui. Le trio qu'ils composent avec Elano, bien plus à l'aise sur les terrains sud-américains qu'européens est particulièrement redoutable.
En face, les Carboneros résistent tant bien que mal, notamment grâce à un excellent Sebastian Sosa qui sauve les meubles depuis le match aller. Il faut dire aussi que Zé Eduardo, sosie officiel de Mathieu Chalmé, galère pour cadrer malgré les nombreuses possibilités dont il dispose.
La mi-temps s'achève sur un score vierge. Un petit miracle.

Mais dès le retour des vestiaires Neymar, bien meilleur quand il ne plonge pas à tout bout de champ comme une vulgaire danseuse, est à la conclusion d'un mouvement parfait (47'). La talonnade instantanée de Ganso ouvre un boulevard à Arouca qui transmet à la hype à crête du moment dont le tir au premier poteau surprend un Sosa pas irréprochable sur ce coup-là. Au passage, ce but décisif permet à la pépite la plus courtisée du monde de célébrer la future venue au monde de Junior. Les joies d'avoir engrossé une minotte de 17 ans tout ça.
Il reste toute une mi-temps à jouer mais l'issue du match est scellée.

La supériorité du Peixe s'accentue au fil des minutes et Danilo, un autre gamin de l'équipe, double la mise à la 68ème minute d'un amour de frappe croisée du gauche qui achève sa trajectoire dans le petit filet de Sosa. Les joueurs se précipitent en direction de la torcida; ils le savent, la Copa de ne peut plus leur échapper désormais.

Néanmoins, Penarol est un club uruguayen et c'est bien connu, un Charrua, ça ne meurt jamais. Ainsi, les Carboneros ne baissent pas pavillon et, bien qu'ils ne soient jamais parvenus à inquiéter Rafael de la partie, réduisent l'écart grâce à un centre d'Estoyanoff détourné par Durval dans ses propres filets (79').
Les dix dernières minutes verront-elles le retour des Uruguayens? Ben non. Le rush final espéré par la hinchada charrua n'aura finalement pas lieu. Au contraire, Santos se procure deux occasions énormes outre-mangées par Zé Eduardo et Neymar.
Pour achever la partie, une baston démarre sur la pelouse après que des supporters du Peixe ont froissé la susceptibilité des Mirasoles. Le folklore tout ça.

Cette victoire marque la réussite d'une génération ultra-talentueuse qui s'éparpillera dès cet été. Neymar et Ganso ont survolé la finale et il ne fait aucun doute qu'ils ont fait le tour de la question en Am' Sud. Zé Eduardo appartient déjà au Genoa et était prêté jusqu'à la finale. Danilo et Arouca devraient les imiter. L'Europe les attend à bras ouverts et avec délectation. Mais malgré tout leur potentiel, parviendront-ils à exploiter toutes leurs capacités dans un football beaucoup plus physique que technique? Ce qui est certain en revanche, c'est que l'avenir leur appartient et il s'annonce radieux.

Résumé vidéo pour ceux qui ne sont pas levés à 3h du mat': http://www.youtube.com/watch?v=qi1gdPSRsGQ

Cesc Romero

mercredi 22 juin 2011

Le gouffre se rapproche pour River Plate

Malgré la finale de la Copa Libertadores, l'événement qui pourrait secouer toute l'Amérique du Sud se déroule en ce moment même en Argentine. En effet, et si River Plate descendait?. Il est 2h25 du matin et les Millonarios perdent 1-0 contre Belgrano de Cordoba, modeste club de 2ème division argentine. L'incroyable pourrait-il se produire? Quelques heures après la chute de Huracan, battu par Gimnasia La Plata en barrage (2-0), le club le plus titré d'Argentine au niveau national est au bord d'un cataclysme, la faute à un système de relégation ubuesque, typique en Amérique latine.

Etrange ce match. On a l'impression de mater la Coupe de France sauf que le terrain est un billard et que River est au courant de la sentence en cas de défaite. Huracan vient tout juste de passer par là. Le club formateur de Lucho Gonzalez a perdu face à Gimnasia et enterré ainsi tout espoir de survie en première division.

Plus grand club d'Argentine avec Boca Juniors, River paye ses mauvais résultats lors de l'apertura 2008 (le championnat d'ouverture) et n'est pas si loin d'une descente incroyable en cas défaite lors des barrages. Ceux qui suivent ce blog depuis la saison dernière et connaissent les chroniques de Kiko Platense, savent que le système de relégation en Uruguay et Argentine est absurdes. Les Millonarios sont entrain d'en pâtir, en dépit d'une victoire lors du torneo de clausura en 2008.

Le calcul de la relégation se fait selon un ratio lors des 3 dernières années. Huracan a certes achevé la clausura 2011 en dernière position et 18ème de l'apertura 2010 mais la place de dauphin obtenu derrière Vélez lors de la clausura 2009 ne suffit pas à compenser les mauvais résultats de la saison.

De la même manière, River Plate ne peut compenser ses difficultés depuis sa victoire lors de la clusura 2008. La dernière place obtenu lors de l'apertura 2008 (alors que Boca l'avait emporté) pèse lourd aujourd'hui et Lamela et ses coéquipiers sont très près de la chute libre.
Bizarrement, au début de la 2ème période décisive, on peine à croire que River peu s'en sortir.

49ème minute: Belgrano double la mise. La messe semble dite. Il reste 40 minutes pour sauver ce qui peut encore l'être lors de ce match aller. Juste impensable. Il faudra juste apprendre au défenseur placé au premier poteau à remonter une fois que le danger ne vient pas de son côté, ça pourrait lui servir un jour... Quelques secondes plus tard, des barras bravas cagoulés entrent sur la pelouse. La hinchada est remontée et le fait savoir. Triste d'assister à cette mort qui semblent finalement inecluctable. Le match est arrêté. L'arbitre explique pourquoi à la télé argentine. Après 20 minutes de pause forcée, le match reprend.

Rien ne semble pouvoir sauver River. Malgré l'irruption des hinchas, c'est bien Belgrano qui résiste malgré les assauts. Lamela colle un taquet à un adversaire sans être vu de l'arbitre. Les Millonarios poussent mais ne parviennent pas à percer le mur dressé devant eux. River a la possession mais ne fait rien du ballon et s'expose à un contre. Les minutes passent et Belgranos se rapprochent de l'exploit. La tentative sur coup franc de Lamela, petit prodige en partance pour la Roma, n'y fait rien, Juan Carlos conserve sa cage inviolée jusqu'au bout.

Au terme de ce barrage aller, River Plate est au bord de l'explosion. Belgrano a joué avec ses moyens et a été bien meilleur que son adversaire. Le score de 2-0 n'est pas usurpé et on se demande bien comment les Millonarios pourront remontre ce retard dimanche au Monumental dimanche prochain.

Cesc Romero

On parle tous football: c'est quoi ces plots?!

Cela faisait plus de deux mois que je ne m'étais pas adressé à vous, oui vous, le novice en football qui rêve de parler le supporter.
Pour cette nouvelle session, voici une expression qui vous sera d'une importance capitale quand votre équipe est à la rue en défense ou si vous supportez Lens, Arles ou Monaco: c'est quoi ces plots?!


1) Mise en situation

Confortablement installé en virage depuis 2 heures, vous avez lu et relu l'article de L'Equipe qui parlait du match décisif que vos protégés s'apprêtent à jouer. Après vous être échauffé la voix avec divers chants ayant pour propos la sexualité du joueur vedette de l'équipe adverse.
Las, au bout de 10 minutes, vous en avez déjà pris dans les gencives et ça ne va en s'améliorant, vos favoris paraissant légèrement trop crispés et totalement à l'ouest. Au troisième pion encaissé, la défense est aussi périmée qu'un Actimel coincé dans votre frigo depuis 8 mois, vous n'en pouvez plus, vous avez besoin de vous épancher bruyamment avec votre voisin.


2) Mise en pratique

Vous connaissez le rituel désormais. Crachez un bon coup en évitant de préférence la personne devant vous, lâchez un bon 'putain ah!' et prenez à témoin votre voisin le plus réceptif. Si vous êtes tactile, un peu comme ces filles qui ont besoin de palper la marchandise quand elles vous parlent, prenez-le par l'épaule. N'en faites pas trop non plus, cela pourrait être mal pris. Vous êtes dans un stade que diable! Prenez votre respiration et lancez très distinctement: 'c'est quoi ces plots?!'. Normalement, votre acolyte corroborera vos propos car il a également espéré et payé pour assister à une rouste.


3) Option tuning

Vous pouvez commencer avec votre saillie par 'mais' accentué. Ensuite, bien que vous ayez gueulé un 'putain ah!' quelques secondes plus tôt, n'hésitez pas à le répéter en fin de phrase. La redondance n'est pas un problème dans un tel cas de figure. Histoire d'ajouter un accent, vous pouvez agrémenter d'un 'là' pour que tout le monde comprenne bien que ce sont bien les joueurs sur la pelouse qui sont nases. C'est parfaitement inutile, c'est entendu, mais cela augement la tension des propos. Enfin, vous pouvez poursuivre votre diatribe par un 'je le crois pas ça!' (négation inutile) ou un 'c'est pas possible ça' (voir remarque précédente pour la négation). Important: veuillez appuyer sur le 'ça' car cela augmente votre sentiment d'exaspération.


4) Suggestion de présentation

Si vous optez pour l'option tuning le résultat en bout de chaîne peut être: 'Putain ah! Mais c'est quoi ces plots là putain?! Je le crois pas ça oh! C'est pas possible putain!'. Oui c'est grossier. Mais on n'a jamais dit qu'il ne fallait pas l'être. Et puis, une bonne insulte vaut des fois mieux qu'un long discours.

Toujours en quête de connaissances, le stade devient votre maison et votre assurance ne cesse de prendre de l'ampleur. Continuez, vous êtes sur la pente ascendante.

Choa d'Arelate

Villas-Boas, ballade pour un traître

Il avait promis de rester 15 ans à Porto. Son Porto. Supporter depuis sa plus tendre enfance, André Villa-Boas n'a pas pu et su résister au pétrodollars de Roman Abramovitch et a officialisé son départ chez les posh de Chelsea. Après avoir réalisé une saison parfaite avec les Dragons, celui qui refuse d'être comparé à José Mourinho poursuit son voyage supersonique qui l'a mené de l'Académica Coimbra à Stamford Bridge en moins de deux ans. Mais dire qu'il a déçu est un euphémisme.

La nouvelle a fait l'effet d'une bombe. Après avoir refusé les avances de l'Inter quelques jours plus tôt, Villas-Boas, l'entraîneur hype du moment, quitte Porto après que Chelsea a racheté sa clause libératoire de 15M€. Il ne restait plus qu'à obtenir le consentement du coach pour que l'affaire soit ficelée. Un salaire de 5M€ par an acheva de le convaincre. Triste.

AVB, c'est la nouvelle success-story made in Portugal (http://choa-garra-charrua.blogspot.com/2011/05/villas-boas-itineraire-dun-surdoue.html). Après avoir été couvé par Bobby Robson et le Mou, il plonge dans le grand bain à l'Académica Coimbra à seulement 32 ans. Fort de cette première expérience de quelques mois, Pinto da Costa recrute la pépite avec la réussite que l'on connaît. En une saison, le rouquin réalise le triplé Liga/Taça/Europa et, cerise sur le bacalhau, colle une phalange à l'ennemi benfiquiste au Dragao avant de lui reprendre son titre dans l'antre de la Luz.

Seulement, l'histoire était trop belle pour durer. Alors que les amoureux du foot attendait impatiemment ce que pouvait donner une telle équipe en Champion's avec, en perspective, la possibilité de rééditer l'exploit du Special One Europa/Champion's en deux ans. Las, il faut croire que l'idée d'avoir un compte en banque bien garni l'a davantage intéressé que concurrencer le Barça, qu'il devait affronter en guise d'apéritif fin août en SuperCoupe d'Europe.

En signant son départ à Chelsea, AVB sait ce qu'il perd mais ne sait absolument ce qu'il gagne. Si à Porto, il avait à sa disposition des joueurs entièrement dévoués, la donne n'est pas vraiment la même sur les bords de la Tamise. En effet, le Portugais devra gérer les cigares de joueurs vieillissants (Terry, Lampard, Drogba) et plus âgé que lui -une première à ce niveau-, un président complètement barré et inculte en matière de football et peut-être un manager du nom de Guus Hiddink. Ou comment préférer les corons à la plage de sable blanc.
De plus les Blues, qui sortent d'une année en demie teinte, ont-ils actuellement les facultés physiques et tactiques pour s'adapter au style AVB, qui se revendique plus du Pep que du Mou et partisan du joga bonito? Pas si sûr.

Avec ce départ, il y a fort à parier que Porto s'apprête à lâcher de nombreux joueurs-clés comme le fit Mourinho en son temps. Falcao et Joao Moutinho serait très proches de prendre le charter direction London contre un chèque de 70M€, soit le montant de leurs clauses libératoires (30M€ et 40M€ respectivement). Il est probable que d'autres Dragons les suivent, sans compter ceux qui s'envoleront vers d'autres cieux comme O Incrivel Hulk, Rolando, Fernando, Fucile entre autres. Si les Portistes pensaient bâtir sur la durée, c'est raté.

Avec la signature d'AVB à Chelsea, Abramovitch espère enfin ramener la Champion's après une décennie d'insuccès et de déceptions. Quant à Villas-Boas, il a très certainement perdu beaucoup de ses admirateurs qui voyaient en lui un entraîneur romantique, admirateur du beau jeu , menant son équipe de son coeur vers les sommets.
Sans aucun doute, Villas-Bomba le surdoué continuera à gagner des titres et Porto mettra du temps à se relever de ce coup de latte. Mais celui qui a perdu le plus n'est certainement pas celui que l'on croit.

Choa d'Arelate