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jeudi 9 décembre 2010

Samir Nasri en route pour les sommets?

Le début de saison d'Arsenal se résume à un seul et unique nom: Samir Nasri. Véritable taulier des Gunners, il ambiance le dance-floor de l'Emirates et a bénéficié du vague à l'âme de Cesc Fabregas pour devenir le véritable chef d'orchestre des Canonniers. Longtemps annoncé comme le futur meneur de jeu de l'Equipe de France, la figure de proue de la fameuse Génération 87 semble avoir enfin passé un cap cette année, après 2 premières années en demi-teinte du côté d'East London. A quelques jours d'un Manchester United/Arsenal qui pourrait être décisif dans l'obtention du titre de Premier League, Nasri n'a jamais été autant en confiance.

Analepse. Conf' de presse avant Norvège/France. Nasri retrouve les Bleus après avoir été éjecté de la sélection par Ray Dom, Titi Henry et Willy Gallas. Evidemment, les questions tournent autour du fiasco du safari en Af Sud. Pour savoir, si le minot avait l'air peiné par l'échec français, il suffisait de regarder le sourire qu'il essayait de masquer. Traduction: "alors comme ça, c'était moi le caractériel?". Faut pas se leurrer: le numéro 8 d'Arsenal a savouré le crash en Mondovision de l'EdF.
Néanmoins, son absence lors du rendez-vous mondial a dû le faire énormément réfléchir. Parce que bon, en dehors d'un doublé contre MU juste après son arrivée sur les bords de la Tamise et un festival en Champion's face à un Porto totalement déboussolé par les pertes de Lucho et Lisandro, Nasri n'a jamais cassé la baraque sur le long terme.

Depuis 2005, jouer à Arsenal signifie "bien jouer sans gagner aucun trophée". Cependant, pour progresser, il y a du lourd chez les techniciens: Wenger, Rice, Primorac. Quand ça parle ballon avec eux, c'est pas pour se marrer. Alors cet été, l'accent a été mis sur les phases offensives sans ballon. Car ce qui était flagrant les saisons précédentes, c'était que Nasri était un mangeur de cuir, pas dégueu certes, mais qui connaissait trop de déchets et des pertes de balles trop nombreuses, sans parler de son repli défensif trop approximatif. Par ailleurs, l'international a pris du muscle et de la vitesse, armes nécessaires pour espérer faire son trou en Premier League. Au final, c'est lui qui est devenu le franchise player d'Arsenal ces derniers temps et qui marque des buts décisifs. Ses stats sont tout simplement exceptionnelles pour un milieu offensif: 1 pion tous les 2 matches en plus de son influence sur le jeu.
La semaine dernière, il a puni la défense de Fulham à 2 reprises. Cela dit, il faut bien reconnaître que les Cottagers défendent comme des poussins 1ère année. Hier soir, face au Partizan Belgrade, Nasri ne fut vraiment pas au top niveau mais il s'est offert un joli but, suite à un travail énorme d'Alex Song qui n'en finit plus, lui aussi, de hausser son niveau de jeu au milieu. C'est évident: face aux cages, Nasri est devenu un killer.

Lundi soir, Arsenal affronte MU sur la pelouse du Théâtre des Rêves. Et l'on se souvient qu'en définitive, Nasri n'a jamais encore fait la différence face à une grosse écurie. En effet, malgré ses très bonnes performances face à des équipes de second rang, Nasri n'a jamais pu prendre le leadership dans un match au couteau, face à des cadors. Faut dire aussi que Terry et Vidic sont de vrais défenseurs... Le match amical face à Albion aurait dû servir de révélateur mais la faiblesse du squad de Capello en a décidé autrement. De même, s'il a ouvert le score face à Tottenham, il n'a pu hisser ses coéquipiers à un niveau suffisant pour l'emporter dans le money time. D'où il devient impératif pour lui d'améliorer son endurance. En effet, sitôt l'heure de jeu écoulée, le Marseillais perd progressivement pied et est souvent remplacé avant le dernier quart d'heure, le moment de vérité en somme. Une question de temps?

Avec Samir Nasri à la baguette, Arsenal est actuellement 1er de Premier League et est devenu un véritable rival de Chelsea et Manchester United. Sa progression fulgurante n'a pour l'instant été visible que face à des équipes d'un moindre niveau mais n'a pu être encore aperçu face à un gros calibre. Saura-t-il passer ce nouveau palier et s'installer dans la hiérarchie des meilleurs milieux offensifs au même titre que les Sneijder, Iniesta, Gerrard et consorts, capables de faire basculer le cours d'un match à n'importe quel moment? Il faudra certainement encore un peu de temps pour savoir s'il peut jouer plus d'une demie-saison jouée sur un rythme effréné. Début de réponse lundi soir sur la pelouse d'Old Trafford.

Choa d'Arelate

mercredi 8 décembre 2010

Porto chanceux, Coimbra et Braga dépassés

La 13ème journée de Liga Zon Sagres s'est étalée sur quasiment toute la semaine en raison du mauvais temps sur une partie de la péninsule ibérique. Au programme, la victoire étriquée des Portistes, la victoire de Benfica avec un des buts les plus ridicules de la saison et les défaites cinglantes de Coimbra et Braga.

Vendredi soir, le SLB a battu Olhanense (2-0). Le retour d'Oscar Cardozo a fait énormément de bien aux Aigles. En effet, il a ouvert le score juste avant la mi-temps pour la 2ème fois consécutive et a délivré une passe déc' au Conejo Saviola à 10 minutes du terme de la rencontre. Le but de la tête inscrit par le Guarani est à mettre au panthéon des pions les plus ridicules de l'année et on ne sait bien s'il faut l'attribuer à Cardozo ou au gardien Moretto.
En espérant un faux pas de l'ennemi portiste, Benfica était revenu à seulement 5 unités des Dragons.

Dimanche soir, Porto a remporté une victoire difficile à obtenir face à Setubal. Face à un Diego en grande forme qui stoppa plusieurs tentatives des Bleu et Blanc et grâce à sa transversale sur un coup franc du Samouraï Belluschi, il a fallu un pénalty provoqué de manière absurde pour que Hulk donne l'avantage aux hommes de Villas Boas, privé de banc cette semaine. En 2ème période, Hulk provoqua un penalty en faveur de Setubal. Après une première conversion refusée par l'arbitre de manière discutable, Jailson manqua sa deuxième tentative, tuant un oiseau au passage. Malgré cela, Porto reprend 8 points d'avance sur les Benfiquistes.

Sans faire de bruit, le Sporting Portugal remonte au classement. Sur la lancée de son excellente prestation en Europa League depuis le début de saison, les Lions ont battu Portimonense sur la pelouse du promu avec un très bon Maniche. Ouais ouais Maniche. Grâce à ce succès, l'équipe qui aligne le plus de joueurs portugais accède au podium, bénéficiant du match nul du Vitoria Guimaraes sur sa pelouse face à Paços de Ferreira.
Fiche technique Portimonense/Sporting Portugal: http://www.zerozero.pt/jogo.php?id=1270575
Fiche technique Vitoria Guimaraes/Paços de Ferreira: http://www.zerozero.pt/jogo.php?id=1270571

On en parlait la semaine dernière, l'Union Leiria commence à s'installer dans les places européennes. Lors de cette 13ème journée, Leiria a étalé Braga, qui en est désormais à 4 défaites lors des 5 derniers matches. Surprenant dans ces conditions que les Archevêques aient pu lutter jusqu'au bout en Champion's.
Pourtant menés au score, les joueurs de Leiria ont renversé la vapeur par un doublé de Carlao inscrit en 7 minutes. Par ailleurs, le moins que l'on puisse dire, c'est que Leiria est une équipe hargneuse qui a récolté pas moins de 8 cartons jaunes. Néanmoins, c'est Matheus, buteur en début de match, qui fut expulsé à la 83ème minutes.
Ainsi, Leiria conserve sa 5ème place avec 1 point d'avance sur le Nacional Madeire vainqueur de Naval, lanterne rouge qui semble déjà condamnée.
Fiche technique Union Leiria/Sporting Braga: http://www.zerozero.pt/jogo.php?id=1270572
Fiche technique Nacional/Naval: http://www.zerozero.pt/jogo.php?id=1270570

Dernier match joué lors de cette 13 journée pour cause de temps pourri, Académica Coimbra/ Maritimo Funchal a donné lieu a un résultat plutôt inattendu. Certes dans un stade quasi-vide mais à domicile tout de même, Os Estudiantes ont reçu une correction. Marquinho fut particulièrement en verve, inscrivant 2 buts ainsi que Rafael Miranda, auteur d'un festival lors du 4ème but. A voir également, le fracassage de Miguel Fidaldo sur Boeck après qu'il eut réduit l'écart. Involontaire mais douloureux. Avec cette défaite, les hommes du Bicho Costa restent englués à la 7ème place, à 3 points de la dernière place qualificative à l'Europa League.


Francesco della Nuejouls

mardi 7 décembre 2010

Top players de la semaine (saison 2 épisode 12)

Neuer: le portier de Schalke 04 a mis à l'amende toute l'attaque du Bayern Munich et a sauvé la tête de Felix Magath sur le banc.

Moretto: le gardien brésilien d'Olhanense a encaissé un des buts les plus idiots de l'année. Certes, rien ne détrônera Gomes mais celui-là est vraiment sympa.

Fernando: il est à l'origine d'un des buts de Sainté mais afin de s'éviter une nuit blanche, le Bordelais égalise à 2 minutes de la fin.

S.Traoré: quand un joueur parisien marque, il se précipite vers le Grand Sammy, GO en chef et dealer de kebab invétéré. Le meilleur passeur disques de Ligue 1 assurément.

Erbate: toi aussi participe au Grand Jeu "Mais où est passé Erbate?". Vexé d'avoir été remplacé contre Nancy, l'Acéiste a quitté illico le stade et n'est toujours pas réapparu. Le vainqueur remportera un GPS. Pas pour votre voiture mais pour que le Marocain se repère sur la pelouse.

Lewandowski: buteur au terme d'un mouvement d'école du Borussia Dortmund face à Nüremberg qui assure aux Borussen le titre de champion d'automne en Bundesliga. Avec Götze, Kagawa et Barrios, il symbolise le renouveau du club champion d'Europe en 1997.

Nasri: une nouvelle performance majuscule pour le Marseillais qui n'en finit plus de cartonner cette saison. Face à Fulham, il a enrhumé tout le backfour des Cottagers qui, il faut bien l'avouer, défend n'importe comment. Reste plus qu'à prouver qu'il est capable de se transcender face aux top teams. ça tombe bien, lundi prochain, les Gunners affrontent MU.

Hernanes: on aurait également pu choisir Zarate mais Hernanes le devance pour le coup franc qui humilie définitivement l'Inter.

Messi: encore une promenade pour la Pulga face à Osasuna. ça en devient banal.

Cristiano: bien aidé par Ricardo Costa et Bruno qui ne savent pas défendre (ce qui est bien dommage pour des défenseurs), le Portugais a encore planté un doublé pour coller au train de Messi au classement des buteurs extra-terrestres.

Nilmar: quand il jouait à Lyon, il était tout chétif et ne mettait pas un pied devant l'autre. Désormais, associé à Bepe Rossi sous la tunique jaune de Villareal, il joue chaque semaine un rôle décisif dans les bons résultats du Sous-Marin jaune.

Quagliarella: 2 buts face à Catane et un autre injustement refusé, le classieux italien a encore frappé avec maestria. De toutes façons, il ne sait pas marquer les buts moches.

Taddéi: andouille de la semaine. Trompé par une ligne blanche tracée pour un match de rugby, il joue la touche 2 mètres à l'intérieur du terrain. Or, le 4ème arbitre l'a vu, la touche est jouée par le Chievo qui égalise à 2-2. Et la Roma perd 2 points après avoir mené 2-0.

Jailson: il avait l'égalisation de Setubal au bout du pied face à Porto. Un résultat inespéré. Sauf que l'arbitre annule son penalty et que le Brésilien tue une mouette sur sa seconde tentative. Moralité: ne jamais s'arrêter dans sa prise d'élan lors d'un péno.

Lisandro: le cache-misère de Lyon depuis 2 ans a encore sauvé les miches des Rhôdaniens face à Montpellier. Quand Licha va tout va. Jusqu'au mercato?

Cesc Romero

samedi 4 décembre 2010

L'AC Arles perd 2 points contre Nancy

Pour la première fois de la saison, l'AC Arles est sorti du terrain avec la désagréable sensation d'avoir perdu des points. Face à Nancy, les Acéistes ont dominé toute la partie mais n'ont pu faire mieux que match nul (1-1). Malgré une 2ème mi-temps à sens unique, les Arlésiens ne sont pas parvenus à faire la différence en dépit d'une excellente dernière demi-heure. En dépit de ce résultat décevant, l'ACA peut nourrir quelques satisfactions sur sa prestation.

Il avait perdu la vue depuis quelques temps mais elle est revenue! Dja Djédjé est redevenu efficace face au but et a su être décisif d'entrée de jeu face à Grégorini. Cette fois-ci, il a remporté son duel d'une astucieuse pichenette devançant la sortie du portier lorrain. Idéalement lancé par Meriem qui s'impose plus que jamais comme le franchise player arlésien au milieu du terrain. En effet, l'international français, peu en verve à Valenciennes la semaine passée, a retrouvé son allant et sa vivacité face à un adversaire il est vrai plus faible.

Par ailleurs, Hadzibegic peut être satisfait de l'apport de son banc de touche. Enfin de retour après avoir été écarté un mois par une blessure, Kermorgant a posé beaucoup de problèmes à l'arrière-garde nancéienne par son placement et sa qualité technique. De plus, Ndiaye a bien failli donner l'avantage aux Acéistes grâce à une superbe frappe croisée du gauche mais celle-ci finit sa course sur le poteau gauche d'un Grégorini archi-battu. Enfin, pour ses grands débuts en Ligue 1, Cabella a beaucoup proposé et a déjà fait montre de toute sa palette technique dans les 30 derniers mètres malgré sa nervosité qui lui coûta un carton jaune pour un tacle très appuyé.

Là où le coach bosniaque peut aussi se montrer satisfait, c'est dans l'engagement physique de ses joueurs. Pour une des premières fois de la saison, les Arlésiens ont été accrocheurs au milieu de terrain, limitant ainsi les tentatives de construction des hommes de Pablo Correa. Ce qui est certain, c'est que la survie de l'ACA ne passera que par une révolte collective. Apparemment, le message est passé samedi.

Malgré tous ces points positifs, les Acéistes ont une nouvelle fois perdu des points à cause d'une inattention de la défense qui laissa Merville seul face à Hadji qui n'en demandait pas tant. Incontestable point faible arlésien, le backfour ne cesse de changer match après match. Ainsi, Pavon n'était pas aligné et la charnière Laurenti/Mejia fut préférée dans l'axe. De plus, Fanchone est redescendu d'un cran et a remplacé Germany, pourtant en constants progrès depuis un mois. Enfin, Abenzoar a retrouvé sa place de latéral droit après une blessure et un stage sur le banc face à Valenciennes. Etrange choix d'Hadzibegic qui l'avait laissé sur le banc au profit de Mejia, catastrophique dans le Nord. Il semble difficile de trouver une solution à ce problème chronique mais il est évident que la faiblesse tactique et technique de la défense porte préjudice à l'ensemble de l'équipe. Le mercato arrive à point nommé pour remédier à cela. Encore faudra-t-il trouver des courageux pour se lancer dans une telle aventure.

Par ailleurs, il devient urgent de travailler assidûment les coups de pieds arrêtés offensifs. Entre les corners qui arrivent constamment au premier poteau à ras de terre et les coups francs qui ne trouvent jamais preneur dans la surface de réparation, l'ACA perd de précieuses cartouches pour faire la différence dans le money time. Ainsi, face à un Nancy qui ne parvenait pas retrouver son souffle, les Lions ont été incapables de marquer malgré leur supériorité physique.
Si, en plus, Erbate se prend pour Juninho et insiste pour frapper les coups francs à 35 mètres des bois qu'il envoie 35 mètres au-dessus...

Enfin, il faudra bien savoir ce que le coach décidera concernant l'avenir de Psaume et Bouazza. Jokers plutôt intéressants, le duo a été éjecté du groupe ce week-end pour aller grossir les rangs de la réserve. Pourquoi une telle décision alors qu'ils ont les moyens de faire basculer une partie en la faveur des Jaune et Bleu? Quant à Erbate et ses caprices de diva, il a, semble-t-il signé la fin de son bail arlésien en quittant le stade juste après sa sortie. Il faut dire qu'il est tellement irréprochable sur le terrain et tellement précieux...Encore un joueur qui doit se regarder dans un miroir grossissant le talent...

L'AC Arles peut regretter son manque d'efficacité en 2ème mi-temps car Nancy était totalement inoffensif et recroquevillé dans son camp. Dans leur quête de points, les Acéistes ont manqué une bonne occasion de se rapprocher de ses rivaux qui, à l'exception de Nice, ont fait du sur-place. Cependant, les Lions ont démontré qu'ils n'étaient pas moribonds et qu'ils n'avaient pas rendu les armes.

François Miguel Boudet

vendredi 3 décembre 2010

Zidane, pour quelques dollars de plus

C'est une icône du football mondial, un des joueurs qui a le plus marqué l'Histoire du jeu au même titre que Pelé, Maradona, Best, Platini et Cruyff. Zinedine Zidane a tout gagné en tant que footballeur et a parfaitement su faire fructifier sa notoriété mondiale au niveau financier. Depuis sa retraite en 2006, l'aura du glorieux numéro 10 n'a pas diminué bien au contraire. Ainsi, il a grandement participé à l'élection du Qatar pour la Coupe du Monde 2022, contre une rémunération de 12 millions de dollars. Alors qu'il aurait pu (dû) appuyer la candidature commune du Portugal et de l'Espagne, son pays d'adoption, Zidane a cédé aux sirènes de l'argent plutôt qu'à l'appel du coeur. Une triste habitude. Petite leçon de gestion de portefeuille à la Zizou.

1) Pas de politique

Zidane a géré son patrimoine financier comme il jouait: avec intelligence et toujours bien placé. Tout d'abord, il n'a jamais versé dans l'analyse politique à la manière d'un Thuram qui devient vite énervant quand il se prend pour Malcolm X (copyright: Patrice Evra Inc.). A peine s'est-il aventuré peu après un soir d'avril 2002 à déclarer "le racisme, le Front National, c'est mal, pardon". Jamais davantage. Zizou est plus malin que ça, il rassemble et ne segmente pas l'opinion. Personne ne déteste Zidane car il ne crée pas de clivage. Idéal pour une entreprise qui souhaite profiter au maximum de sa cote de popularité.

2) Choisir des produits populaires...

Rappelez-vous: Planète Terre, été 98. Le seul qui n'est pas vu le Mondial, c'était un cosmonaute
Les cinéphiles auront reconnu le début du légendaire film "Les Collègues". Deux coups de casques face au Brésil ont suffi pour que le double Z devienne le fameux (fumeux) symbole de la France Black-Blanc-Beur. Et voilà que Zidane devient la personne préférée des Français et débute dans la pub. Pas n'importe laquelle: Leader Price. Raisonnement parfait du Maestro: Leader Price, c'est Franprix en cheap, ça fait mec qui se souvient d'où il vient et qui n'a pas oublié. Ce coup-là, le numéro 10 l'a réédité avec, par exemple, Grand Optical, une marque de lunettes peu chères.
Mais son plus gros coup, c'est sans nul doute avec Danone qu'il l'a réalisé. Ancien sponsor de la Juventus, Danone a donné les clefs d'une campagne de pubs pour la nutrition des enfants. Des pubs avec des minots, des ballons partout et un message imparable: si les petits enfants peuvent manger à leur faim c'est bien. De quoi raffermir son image de papa parfait, soucieux de l'éducation des enfants. Peu étonnant dès lors qu'il fasse parti des proches de Franck Riboud, patron de la marque.
Enfin, il a prêté (façon de parler) son image pour Volvic, la flotte qu'on boit après avoir mis la chaussure gauche toujours puis la chaussure droite toujours. Là aussi, ZZ ne s'est pas planté: ce n'est pas du Coca (beurk, trop de sucres) ni de l'alcool, ni même Mc Do. Zidane est un gentil garçon qui ne fait pas d'écart. Sans saveur comme de l'eau en somme.

3) ... mais aussi des produits de luxe.

Profitant parfaitement de sa personnalité oecuménique, Zidane est également parvenu à investir des sphères où, pourtant, le football passe pour un sport d'arriérés appréciés d'illettrés: le luxe et la finance.
Tout d'abord, il a été au centre d'une campagne de Dior avec un superbe cliché noir et blanc. Faut dire qu'il est gosse beau aussi! Bon Dior, c'est pas H&M ou la Halles aux Chaussures hein! C'était la toute première fois qu'un sportif devenait l'emblème d'une telle marque. Avant, les footeux restaient cantonnés à Fruité c'est plus musclé ou aux sapes de sports. Il y a peu, il participa à une campagne de publicité d'avant-Coupe du Monde aux côtés de Pelé et Maradona pour Louis Vuitton.
Par la suite, il devint la figure de proue de Générali, marque d'assurance. Un footballeur incitant les épargnants? Fallait oser. Quelques années auparavant, peut-être aurait-il choisi la Caisse d'Epargne...

4) Le choix du Qatar, une erreur stratégique.

Les 3 paragraphes précédents n'ont absolument pas pour but de dénigrer le "business Zidane", bien au contraire. Une marque le veut, il négocie et il signe. Il aurait bien tort de se priver.
Mais, entre tout l'argent gagné grâce à ses performances sur le pré, tous ces contrats publicitaires signés depuis 12 ans, sans oublier les rendements de ses placements financiers qui doivent être, on le devine aisément, fructueux, une question demeure: pourquoi diable Zidane a-t-il appuyé la candidature du Qatar pour la Coupe du Monde 2022?
En effet, le Qatar ne jouit pas d'une très bonne réputation en ce qui concerne le football. Entre des périodes de transferts décidés n'importe comment, des matches achetés, un titre de champion national décidé par les émirs et une flopée de joueurs venus en pré-retraite davantage pour les greens de golf que pour la qualité du jeu, le Qatar ne peut se targuer d'une quelconque tradition footballistique comme en atteste le peu de monde présent en tribunes lors des matches.
Oui, mais Zidane a été convaincu par un argument massue, le meilleur: 1 million d'euro pour appuyer la candidature et un bonus de 11 millions d'euro en cas de victoire. A ce prix, facile de se convertir.
Mais, en cédant aux sirènes de l'argent, Zidane s'est trahi lui-même. Pourquoi n'a-t-il pas soutenu la candidature commune de l'Espagne et du Portugal alors qu'il habite Madrid depuis plus de 10 ans et que son fils envisage de jouer pour la Roja en U15?

Alors qu'il avait toujours su choisir ses contrats dans la bonne direction, ZZ a commis une première erreur qui ternit largement sa popularité. Son image de saint public est désormais écornée et, à moins qu'il ne trouve une pirouette, comme le versement de cet argent à une association comme ELA qu'il parraine, Zidane s'est discrédité auprès du grand public en passant pour un homme cupide avide d'argent alors qu'il n'en a absolument pas besoin. Alors qu'il avait toujours su choisir ses contrats dans la bonne direction, ZZ a commis une première erreur qui ternit largement sa popularité. Pour quelques dollars de plus, pour quelques dollars de trop.

Francesco della Nuejouls

jeudi 2 décembre 2010

Mieux vaut Qatar que jamais! *

Les résultats sont tombés peu avant 17 heures en ce jeudi glacée de décembre. A Zurich, les pontes de la FIFA ont choisi: en 2018, la Coupe du Monde se déroulera en Russie quand celle de 2022 aura lieu au Qatar. Faut se pincer pour y croire. Ces nominations sont particulièrement frustrantes car on ne sait qu'en penser. En effet, doit-on jouer les pères la vertu, s'indigner et blâmer le fric roi ou paraître blasé et n'en avoir pas grand' chose à faire?

Si vous n'avez omis de regarder le détail du vote pour la World Cup 2018, vous n'allez pas être déçu. En effet, l'Angleterre a été éliminée d'emblée! Pourtant favorite, Albion a mordu la poussière d'entrée de jeu. Cette élimination immédiate était donc un boulevard pour la candidature russe qui a donc brillamment remporté la bataille du lobbying, notamment grâce aux efforts persistants de Vlad l'Empaleur, des pétro et gazo-dollars et des avantages en nature qui ont certainement dû être abondamment distribués aux membres (pas de jeu de mots) exécutifs. La candidature commune Portugal-Espagne n'a pu réaliser la surprise malgré des rumeurs selon lesquelles Ibères et Qataris s'étaient entendus au préalable pour obtenir une compet' chacun. Le soutien de Pep Guardiola n'était pas philanthropique.
Ainsi, pour la première fois, la Russie accueillera la Grand Messe footballistique, 4 ans après voir organisé les Jeux Olympiques d'hiver à Sotchi. Au moins, on est sûr d'avoir à boire et de rencontrer des filles... Ce qui est sûr également, c'est que les contribuables russes, déjà pas bien riches, s'apprêtent à douiller sévère pour financer les projets de Poutine.

Par l'odeur de l'argent attirée, il aurait étonnant que la FIFA ne choisisse point le Qatar pour la levée 2022. Faut dire qu'en face, c'était pas follichon: Corée du Sud, Japon, USA et Australie. Autrement dit, un péno sans gardien. Avec 11 voix dès le premier tour, l'épilogue ne faisait guère (du Golfe) de doute. L'escouade d'anciens joueurs venus faire la pub du pays où il y a plus de stades que de supporters a donc réussi. Zizou n'a pas touché 1 million de dollars pour rien. Guardiola, Batistuta, Milla, De Boer non plus. D'ailleurs, le double Z a eu davantage d'influence pour le Qatar que pour la Paris 2012. Comme quoi, l'argent peut motiver même quand on est plein aux as... Surtout quand une prime de 11 millions d'euro a été promise en cas de succès. Au Qatar, c'est caviar ET dessert!

Enfin, et beaucoup n'y ont pas encore pensé, le Qatar est déjà qualifié pour 2022! Les Cheikhs ont donc 12 ans pour bâtir une équipe nationale dans un pays où le championnat est truqué et où règne la corruption. Quand on connaît la passion du Qatar pour les naturalisations d'athlètes, ça promet. Peut-être sera-ce la première équipe nationale construite comme un club qui participera à un Mondial! Avec Guardiola en sélectionneur et Zidane comme manager?

Comme prévu, la FIFA s'est vendue au plus offrant. Cela dit, doit-on s'en laver les mains et sombrer dans le fatalisme? Difficile de savoir. Institution supranationale aussi puissante qu'elle est impénétrable et opaque dans son fonctionnement, elle n'a pas dissipé les forts soupçons de corruption qui pèse au-dessus d'elle bien que ce soit réellement le cadet de ses soucis . Finalement, comme d'ordinaire, ce sont les pays avec le meilleur système d'arrosage qui l'ont emporté. Rien de nouveau sous le soleil.

*Jeu de mots moisi je l'avoue. C'était ça ou "Mieux vaut Tsar que jamais".

Cesc Romero

On parle tous football: manger la feuille

Cher ami novice, fidèle lecteur de cette interface entièrement voué au ballon rond, toi qui peut survivre dans un stade grâce aux précieux conseils prodigués dans cette rubrique depuis plus d'une année, il est désormais temps pour toi de manier les expressions régulièrement usitée dans les conversations footballistiques un verre de Kro à la main à 10 heures du mat', accoudé au zinc d'un bistrot de quartier, la paluche gauche négligemment posé sur votre entre-jambe (si vous êtes gaucher, ce sera la droite; les ambidextres vous le feraient au feeling) et qui font également fureur au stade un merguez-frites dégoulinant d'huile à la main. Aujourd'hui, de l'utilisation de l'expression "manger la feuille".

1) Mise en situation

Dans un stade ou devant votre petit écran, l'expression "manger la feuille" est essentielle afin de commenter une occasion manquée par un joueur quel que soit le maillot qu'il porte.
Exemple: lors d'un contre joué à 3 contre 1, le milieu offensif offre un ballon de but immanquable à son attaquant. Plus de gardien dans les bois, il ne reste qu'à pousser le cuir au fond des filets. Sauf que le goleador loupe la cage et tue un ramasseur de balle, les bras déjà levés, certain de l'issue victorieuse de l'action. La consternation s'empare de l'enceinte sportive ainsi que des téléspectateurs. Préparez-vous ça va être à vous.

2) Mise en pratique

Que vous soyez au stade ou devant la télé entre collègues, prenez votre voisin à témoin avec un regard dépité mêlé d'exaspération. C'est un signal universel qui mettra votre interlocuteur en confiance. Une fois son attention attirée, joignez vos mains et déclamez: "il a mangé la feuille". Immédiatement, votre comparse vous répondra par un "c'est clair" de bon aloi susceptible d'engager un débat le temps d'attendre la remise en jeu.

3) Customisation

Si vous voulez vraiment être compris par l'assistance et capter l'auditoire, il est impératif d'améliorer votre réplique.
Ainsi, vous devez nécessairement commencer par une injure. Âmes sensibles s'abstenir. La plupart du temps, "putain" viendra naturellement. De plus, pour signifier que cet attaquant est coutumier du fait et que ce n'est pas un one shot, veuillez déclamer avec conviction, "putain, il a encore mangé la feuille" en insistant bien sur le "encore". Si vous voulez fignoler, vous pouvez ajouter une insulte sur le joueur (exemple: "la con de lui") ou sur sa mère (pas d'exemple, le quota a été dépassé).

4) Mise en garde

S'il est toujours bien vu de chambrer si c'est l'attaquant adverse qui s'est entravé, ce n'est pas toujours le cas si le mangeur appartient à votre équipe. En effet, il ne faut pas trop insister si ledit attaquant vous a offert un titre l'année dernière ou s'il a déjà planté 25 pions dans la saison. La mauvaise foi a des limites qu'il ne convient pas toujours de dépasser. Si vous être supporter de l'OM, vous pouvez grossir le trait quand il s'agit de Gignac. Néanmoins, s'il s'agit de Lucho, n'en faites pas trop car vous passeriez pour un Footix de bazar doublé d'un ingrat.
Si vous vous piquez d'écriture, il existe des tournures plus variées comme "outre-manger la feuille" ou "manger goulûment la feuille". Faut bien alterner de temps en temps!

Cher ami apprenti supporter, votre évolution dans les sphères footballistiques ne cessent d'impressionner. Chaque match devient pour vous le théâtre de vos progrès en la matière. Continuez ainsi et vous serez bientôt en mesure de donner vos propres conseils.

Choa d'Arelate